FRIC-FRAC CLUB

"Je pense donc je ne suis pas" Fernando Pessoa

samedi 3 mai 2008

Bartleby au Portugal.

Mon ami Carlos Sousa de Almeida m’a fait l’honneur de traduire en portugais et de publier sur son excellent blog mon article sur Auto-da-fé de Canetti. C’est ICI.


Illustration : Raoul Hausmann, Dada-Messe.

lundi 28 avril 2008

L'immortel in l'Aleph. Jorge Luis Borges.

Bien que Borges soit le plus célébré des écrivains argentins, je lui préfère amplement Sábato ou Cortázar. Néanmoins, si je devais élaborer un recueil de mes nouvelles préférées, L'immortel serait de celles-là. Dans cette nouvelle d'une petite vingtaine de page publiée dans l'Aleph, Borges appréhende une problématique chère aux hommes : l'immortalité, et réussit le coup de force de faire la synthèse de tout ce qui pouvait être dit à ce sujet.

Au IIIè siècle, à Thèbes, en Egypte, un cavalier venu d'Orient meurt dans les bras du narrateur, Marcus Flaminius Rufus, un tribun romain. Avant de rendre son dernier soupir, il avoue avoir fait toute cette route afin de découvrir le fleuve légendaire situé à l'Extrême Occident du monde dont l'eau rend immortel celui qui la boit.
Le tribun, avec l'accord de ses supérieurs qui lui confient quelques centaines d'hommes, part à son tour en quête de ce mystérieux fleuve. La troupe erre dans la chaleur du désert. Les semaines passent, implacables ; les hommes meurent, se rebellent ou désertent, si bien que le tribun se retrouve seul, épuisé. La nuit, il délire et rêve de labyrinthes au centre desquels se trouvent de salvatrices amphores. A bout de force, déshydraté, le tribun aperçoit enfin la Cité des Immortels en haut d'un pic rocheux inaccessible et boit l'eau fétide d'un ru sous le regard d'hommes hébétés à l'allure incertaine qu'il prend pour des Troglodytes. Sans encore le savoir, il vient de devenir immortel ; le fleuve tant recherché n'étant que ce mince filet d'eau boueuse.
En cherchant sous les yeux indifférents des Troglodytes un accès à la mystérieuse cité, Marcus Flaminius Rufus finit par se retrouver dans un labyrinthe qui, après des jours et de nuit, l'y mène. Il s'attendait à découvrir des merveilles, mais tout est horreur :

« A l'impression d'antiquité inouïe, d'autres s'ajoutèrent, celle de l'indéfinissable, celle de l'atroce, celle du complet non-sens. J'étais passé par un labyrinthe, mais la très nette Cité des Immortels me fit frémir d'épouvante et de dégoût… Un labyrinthe est une chose faite à dessein pour confondre les hommes ; son architecture, prodigue en symétries, est orientée à cette intention. Dans les palais que j'explorai imparfaitement, l'architecture était privée d'intention. On n'y rencontrait que couloirs sans issue, hautes fenêtres inaccessibles, portes colossales donnant sur une cellule ou sur un puits, incroyables escaliers inversés, aux degrés et à la rampe tournée vers le bas. D'autres, fixés dans le vide à une paroi monumentale, sans aboutir nulle part, s'achevaient, après deux ou trois paliers, dans la ténèbre supérieure des coupoles. »

Des labyrinthes dont il a rêvé pendant son voyage à ce labyrinthe démentiel, en passant par le labyrinthe ayant permis d'y accéder, Marcus Flaminius Rufus vient de réaliser symboliquement son destin. Il a rêvé d'atteindre le but de toute quête humaine : l'immortalité ; il s'est perdu pour finalement y arriver, mais, là où il croyait découvrir un trésor, il n'y a qu'un cauchemar. La Cité est à l'image de l'immortalité : un cauchemar.

« Cette ville, pensais-je, est si horrible que sa seule existence et permanence, même au cœur d'un désert inconnu, contamine le présent et l'avenir, et de quelque façon compromet les astres. Aussi longtemps qu'elle subsistera, personne au monde ne sera courageux ou heureux. »

On comprend mal, a priori, en quoi l'immortalité est un cauchemar alors qu'elle préserve de ce que les hommes redoutent le plus, la mort. Marcus Flaminius Rufus s'aperçoit d'abord que ceux qu'il prenait pour des Troglodytes sont les immortels, que le pauvre hère aphasique qui le suit partout comme un chien n'est personne d'autre qu'Homère !
Sur les flancs de la montagne faisant face à la Cité qu'ils ont abandonnée vivent ces êtres hagards, « nus », à « la barbe négligée » et à « la peau grise ». Sur la poitrine de l'un d'eux, un oiseau a fait son nid. Il apprend également qu'ils ont mis soixante ans à secourir l'un des leurs tombé dans un puits. A quoi bon, en effet, faire aujourd'hui ce que l'on peut faire le lendemain, le mois prochain, l'année prochaine, le siècle prochain ?
L'immortalité est une malédiction parce que n'agissons que parce que nous sommes, à cause de la mort, dans une situation d'urgence. L'immortalité annule l'action. Sans la perspective de la mort, nous ne ferions rien et nous comprenons mieux l'exclamation d'Epictète dans les Entretiens :

« Maudite soit la vie sans la mort ! »

L'immortalité ôte tout intérêt à la vie alors que la mort la rend précieuse, lui donne toute sa valeur parce que chacun de nos gestes, chacune de nos paroles peuvent être les derniers. Telle est la terrible leçon qu'apprend Marcus Flaminius Rufus :

« La mort (ou son allusion) rend les hommes précieux et pathétiques. Ils émeuvent par leur condition de fantômes ; chaque acte qu’ils accomplissent peut être le dernier ; aucun visage qui ne soit à l’instant de se dissiper comme un visage de songe. Tout, chez les mortels, a la valeur de l’irrécupérable et de l’aléatoire. Chez les Immortels, en revanche, chaque acte (et chaque pensée) est l’écho de ceux qui l’anticipèrent dans le passé ou le fidèle présage de ceux qui, dans l’avenir, le répéteront jusqu’au vertige. Rien qui n’apparaisse pas perdu entre d’infatigables miroirs. Rien ne peut arriver une seule fois, rien n’est précieusement précaire. L’élégiaque, le grave, le cérémoniel ne comptent pas pour les Immortels. »

Cette idée est au cœur d'un autre texte consacré à ce sujet, un roman : Tous les hommes sont mortels de Simone de Beauvoir. Fosca, l'immortel, raconte qu'il a accompli les exploits les plus fous afin de séduire une femme qui connaissait son secret. Mais elle s'est toujours refusée à lui parce qu'il ne pouvait rien lui offrir : le courage, la générosité, le don de soi n'ont de sens que de la part d'un mortel, ils ne signifient rien de la part d'un immortel. Dans la Mort, Jankélévitch résume bien ce problème :

« Pour l’être immortel, condamné par son invulnérable cotte de mailles d’immortalité à vivre indéfiniment, le danger n’a pas de sens, ni le courage, ni l’aventure ; peut-être les anges auraient-ils bien envie de mourir pour pouvoir, comme tout le monde, courir des aventures : ils meurent, hélas !, de ne pouvoir mourir. »

Alors, pour cesser de mourir de ne pas pouvoir mourir, Marcus Flaminius Rufus reprend la route car s'il y a un fleuve dont les eaux rendent immortel, il doit y en avoir un autre dont les eaux rendent de nouveau mortel.





Borges, l'Aleph. Imaginaire. 7€






Illustration : Escher, Relativity.

lundi 21 avril 2008

Coup de projecteur

Le mois dernier cette rubrique n’a pas été ouverte, rien de nouveau ne méritant d’être particulièrement signalé. Ce mois-ci, par contre, un petit voyage dans le web s’impose.
La première étape de notre voyage nous amène au Portugal, chez João Ventura, qui nous parle de Vila-Matas, Musil, Sebald, Pitol, etc.
On peut ensuite se détendre avec quelques Tranches d’étrange de l’ami Manu, l’homme qui poste les commentaires les plus pertinents du web.
Il n’est pas besoin d’être amateur d’antiquités, mais plutôt de labyrinthes borgésiens pour se balader dans Les ruines circulaires de Bastos, un libraire toulousain qui nous guide notamment à Ciudad Juarez grâce à ses lectures de Bolaño et de González Rodríguez.
On s’enfonce alors dans la jungle du web, guidé par la facétieuse Main de singe.
Le voyage se poursuit au bout de la lettre avec des analyses aussi diverses que rigoureuses (bien qu’il s’agisse d’un lecteur d’Assouline…).
Pour finir, nous nous rafraîchirons les idées avec la Revue Polaire.

Bon voyage sur le réseau !

mardi 15 avril 2008

Il y a un an : Auto-da-fé de Canetti.

Il y a un an, j'ouvrais ce blog et y publiais un article sur Auto-da-fé d'Elias Canetti. La nécessité m'avait obligé à écrire quelques lignes sur ce livre et, ne sachant quoi en faire, je créais Bartleby Les Yeux Ouverts. Ecrire pour personne, prendre place dans l'infini électronique, l'idée me semblait amusante.
Aujourd'hui encore, à une exception près, aucune de mes connaissances, aucun de mes proches ne connaît l'existence de ce blog. Vous étiez pourtant plus de 1700 à venir le mois dernier visiter mes pages. Cela peut paraître assez important, mais beaucoup viennent ici par mégarde ; les moteurs de recherche m'amenant des amateurs de travestis (article sur Vollmann) ou de prostituées (articles sur Vollmann et sur Vallejo), etc. Il y a, parmi ce millier de visiteurs, des fidèles ; environs un tiers d'entre eux, d'entre vous. La plupart de ces lecteurs sont des inconnus, ils viennent de toutes les régions de France, d'Europe et du Monde. J'ai de fidèles lecteurs aux Etats-Unis, au Japon, en Espagne, au Portugal et en Finlande (ami finlandais, vous m'intriguez tellement que j'aimerais savoir qui vous êtes…). J'en connais d'autres, français pour la plupart, qui se sont manifestés par leurs commentaires presque toujours avisés. Des relations intellectuelles ou amicales se sont nouées et avec une partie de ces lecteurs, eux-mêmes amateurs de littérature, nous avons fondé un site commun : le Fric-Frac club.
Au bout d'un an, je ne peux cependant m'empêcher de me poser la question : à quoi bon ? Il y a tellement de blogs littéraires. Il y a des jours où une immense lassitude me submerge et j'essaie alors de me dire, comme je croyais le faire à mes débuts, que j'écris avant tout pour moi-même, ce qui est d'une inacceptable mauvaise foi. On écrit toujours pour les autres, même un journal intime.
Je voulais proposer une approche conceptuelle du domaine littéraire, d'œuvres connues, notamment à partir de la notion d'atopia. Néanmoins, je doute de plus en plus de la pertinence et de la qualité de ma démarche. Alors pour l'instant, je continue, sans trop y croire et publie de nouveau le texte inaugural que je consacrai à ce chef d'œuvre : Auto-da-fé.


L'atopia de Kien. Elias Canetti, Auto-da-fé.


Il s’agit du seul roman d’Elias Canetti, prix Nobel de littérature en 1981. Un seul roman, mais quel roman ! Il est difficile d’en raconter l'histoire (mais l’importance de l'histoire n’est-elle pas secondaire ? N’est-ce pas la particularité d’un mauvais livre que de se réduire à sa seule intrigue ?), car il n’a pas vraiment d’unité. Auto-da-fé est un livre éclaté. Le sinologue Peter Kien en est certes le personnage principal, mais de nombreux chapitres sont exclusivement consacrés aux autres protagonistes du livre, sans que cela soit essentiel au déroulement des mésaventures de Kien. Pour ceux qui ne connaissent pas le livre et qui aimeraient savoir de quoi il s’agit, disons que Auto-da-fé raconte principalement les déboires d’un savant dont la vie est consacrée à l’étude et qui ne connaît de passion que celle des livres. Son appartement est une immense bibliothèque composée de 25000 volumes et Kien ne peut sortir de chez lui - et il ne le fait qu'une heure par jour, le matin - sans emporter quelques livres. Il est considéré comme une sommité mondiale, même s’il refuse de participer au moindre colloque. Il vit satisfait, jusqu’à son mariage (serait-ce le cas de tous les hommes ?) avec sa bonne qui se révèle être une personne abjecte, prête à tout pour de l’argent, même à vendre les livres de son époux lorsqu’elle sera parvenue à le chasser de chez lui. Thérèse, la bonne devenue Mme Kien, est l’un des quelques personnages qui vont entrer dans la vie de Kien pour la lui gâcher. Il y a aussi Fischerle, nain escroc passionné d’échec, qui va prendre Kien sous sa vorace protection pour mieux le voler et Benedikt Pfaff, son concierge, chez qui il trouvera refuge, un ancien policier dont la violence est le seul mode d’expression : sa manière d’aimer ou de détester, comme l’ont appris sa femme et sa fille qui sont d’ailleurs mortes sous ses coups. Dans l’étude qu’il consacre à ce livre dans Vérité et mensonge, Vargas Llosa affirme que l'immense culture de Kien « dresse une muraille d’incommunicabilité entre le monde et lui ». Vargas Llosa, bon humaniste, en est désolé. La culture n’est-elle pas ce qui réunit les hommes, ce qui leur permet de se rencontrer ? Peut-être… Il me semble plutôt que la culture isole profondément, parce que la plupart des hommes sont stupides, ignares et mesquins. Celui qui pense est nécessairement seul, même lorsqu’il est entouré. Les autres lui sont absolument étrangers. Kien est seul parmi les hommes parce qu'il est en compagnie de ce qui transcende la sécularité :

« Tant que sa tête était occupée à soupeser, classer, coordonner des faits choisis, des renseignements et des conceptions, l'utilité de sa solitude lui semblait certaine. Vraiment solitaire, seul avec lui-même, il ne l'était jamais. C'est précisément ce qui fait le savant : il est seul pour être avec le plus de choses possibles en même temps. »
L'homme cultivé est Atopon. Ce terme se retrouve dans différents dialogues de Platon pour caractériser Socrate qui l'accepte toujours volontiers alors qu'il a habituellement tendance à refuser tout qualificatif. Atopon est généralement traduit par "atypique", "original", ce qui est effectivement son sens. Hélas, l'originalité est aujourd'hui si édulcorée – tout le monde n'est-il pas si original que la véritable originalité serait de ne pas l'être ? – qu'une telle traduction est insuffisante. Atopon signifie littéralement "sans lieu" : est Atopon celui qui est si singulier qu’il n’est pas "dedans", pas dans le lieu, pas dans l’action, pas dans le flux de la vie quotidienne. Les préoccupations de l’atopon ne sont pas celles de n’importe qui, les préoccupations de Kien ne sont pas celles de Thérèse. Celle-ci vit dans l’obsession de l’avoir : l’argent, les meubles, la propriété, la position sociale (une fois mariée, elle méprise les domestiques) alors que Kien vit dans l’obsession de l’être, ses livres sont son seul univers (« son monde, c'était sa bibliothèque.») et il n’a, pour tout mobilier, qu’une chaise, un bureau et un divan, c'est-à-dire le strict nécessaire pour travailler et se reposer (mais se reposer uniquement afin de mieux travailler !). Il n’est donc pas étonnant qu’il se laisse si négligemment dépouiller de sa fortune par tous ceux qu’il croise ! Tel est d'ailleurs ce que lui reprochera son frère Georges, gynécologue devenu psychiatre (un véritable psychanalyste ! ce n'est pas pour rien qu'il ne veut surtout pas soigner ses patients !), son sauveur et son involontaire bourreau :

« Tu ne vois pas ce qui se passe autour de toi. Tu n'as pas le souvenir de tes propres expériences. »

Et tout le talent de conteur de Canetti est de nous faire souffrir avec Kien, bien plus que lui-même puisqu’il ne se rend jamais vraiment compte que de ce qui lui arrive alors que nous le voyons, impuissants, se faire humilier. Kien entretient avec le monde un rapport d’allergie. L'atopia est une caractéristique de ce que j'appelle le "syndrome Bartleby". Vila-Matas utilise déjà cette expression pour désigner ceux qui sont dans l’impossibilité totale ou partielle d’écrire, mais il me semble plus approprié de désigner par là ceux qui sont dans l'impossibilité de s'inscrire dans le monde, l'impossibilité d'écrire n'en étant qu'une conséquence. Ceux qui sont atteints de ce syndrome sont incapables de vivre simplement le quotidien. Les premières pages du roman sont caractéristiques : Kien est insulté par un passant parce que celui-ci lui demande un renseignement, demande qu’il entend, mais à laquelle il ne répond pas parce qu’il la croit adressée à un autre. Kien fait partie de cette lignée de personnages qui, tels Bartleby ou Bernardo Soares, vivent dans un monde dans lequel ils sont physiquement présents sans pouvoir s’y intégrer et cela doit se comprendre moins comme une incapacité proprement dite que comme un désintérêt foncier, désintérêt qui sera le sujet de L’homme qui dort de Pérec et que Canetti décrit ainsi :
« Comme il [Kien] n’éprouvait pas la moindre envie de prêter attention aux gens, il tenait les yeux baissés, ou, au contraire, son regard passait au-dessus d’eux. »
D’ailleurs, lorsque Kien est amené à pratiquer la même activité qu’un autre (un "topon", pourrions-nous dire !), il ne le fait que de manière apparente. C’est ainsi que lorsqu’il prend la place de Benedikt Pfaff derrière le judas du bas de la porte de la loge, judas qui permettait au concierge de repérer les mendiants à leur pantalon afin de les battre, Kien trouve l’idée d’écrire une « caractériologie des pantalons » suivie d’un « appendice sur les souliers ». Ce qui fait le malheur de Kien, comme de tout atopon, c’est que bien qu’il voie la même chose que tout le monde, il ne l’envisage pas de la même façon. Kien est un inadapté social et cela parce qu’il est un être cultivé. La culture sépare des autres parce qu’elle change notre regard sur le monde. Il faut choisir : soit on vit (on travaille, on fonde une famille, on achète un canapé en cuir, un chien, etc.), soit on pense. Comprendre le monde, c’est s’en retirer. La meilleure définition de l'atopia est sans doute cette formule de Pessoa parodiant Descartes dans Le livre de l'intranquillité :
« Je pense donc je ne suis pas ».
La tragédie de Kien est d’être poussé à fréquenter le monde extérieur à sa bibliothèque, ce monde im-monde, chaotique qui va le détruire. A quoi est fondamentalement confronté Kien ? A la bêtise et la mesquinerie des sociétés occidentales modernes, bêtise et mesquinerie protéiformes qui prennent la forme de la cupidité (Thérèse), de la violence (Benedikt Pfaff), de la malhonnêteté (Fischerle) ou encore du commerce (Rude, le marchand de meubles qui, par l’intermédiaire de Thérèse et sans connaître Kien, va être à l’origine de ses malheurs)…L’homme pensant est condamné à passer à côté de la vie. Mais réussir sa vie n'est-ce pas l'apanage des imbéciles ? La défaite finale de Kien n'est-elle pas une victoire sur l'absurdité du monde ? Cela expliquerait cet heureux hasard (?) qui fait de "Kien" l'anagramme du grec nikè, la "victoire".






Elias Canetti, Auto-da-fé. Gallimard, L'Imaginaire. 14.5 euros. 616 pages.






Photo : Arcimboldo, Le Bibliothécaire.

vendredi 11 avril 2008

Portrait (belge) de Bartleby

Olga Zeri, photographe (ici) et écrivain () française résidant en Belgique qui a déjà illustré l'un des mes articles (ici), a eu la gentillesse de réaliser mon portrait. Comme à son habitude, ses photographies sont accompagnées d'une citation :



"Voir c'est être loin. Voir clairement, c'est s'arrêter."